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Thursday, April 13, 2017

Brésil: l'art de la guerre appliqué à la vente d'armes


Il n'a aucun ennemi connu et pourtant cette semaine, à l'occasion d'un salon de la défense à Rio, le Brésil exhibe le savoir-faire de ses fabricants d'armes, en quête de nouveaux marchés dans un monde ravagé par les guerres.
Parmi les 650 entreprises qui exposent au salon baptisé LAAD, 150 sont brésiliennes, avec une offre des plus variées, allant des avions-cargos aux balles traçantes.
Ce secteur pèse au Brésil 200 milliards de réais par an (environ 64 milliards de dollars), l'équivalent de 3,7% du PIB du géant latino-américain.
Dans le stand du fabriquant d'armes Taurus, les intéressés empoignent des fusils d'assaut dernier cri pour les inspecter sur toutes les coutures, les pointant vers des cibles imaginaires.
D'autres visiteurs en treillis revêtent des gilets pare-balle chez Glagio do Brasil alors que des curieux montent à bord d'un bateau pneumatique muni d'armes automatiques de la firme DGS Défense.
Une autre entreprise locale a le vent en poupe: Condor, spécialisée dans les armes non létales. Deux officiers de la République démocratique du Congo en uniforme y scrutent notamment des balles de caoutchouc dont un des modèles répond au nom curieux de "soft punch" (léger coup de poing en anglais).
"Nous sommes déjà présents dans le monde arabe et nous ciblons le marché asiatique, qui a un fort potentiel pour le moment inexploré", explique Marco Senna, représentant de Condor dans le salon.
Le Brésil ne participe pas directement aux conflits armés actuels mais son industrie de la défense permet d'assurer 30.000 emplois directs et 120.000 indirects, selon les chiffres officiels.
- 'Raging Bull' -
C'est dans ce sens que le gouvernement souhaite conquérir de nouveaux territoires, dans un marché qui est habituellement la chasse gardée des États-Unis, de la Russie, de la France ou de la Grande-Bretagne.
Cette semaine, le ministre de la Défense, Raul Jungmann, a annoncé que la Banque nationale de développement (BNDES) allait proposer des conditions de crédit favorables pour des pays désireux de se fournir en armes brésiliennes.
"Nous vivons de nos jours une période de réarmement. Le marché de la défense est en pleine expansion et le Brésil doit se donner les moyens de concurrencer les autres pays sur un pied d'égalité", a expliqué le ministre à des journalistes.
Cette course effrénée à la vente d'armes n'est pas dénuée de polémiques.
Taurus, qui a installé une usine à Miami pour fabriquer des armes de poing civiles comme le "Raging Bull", a été impliqué récemment dans une affaire de vente illégale à un marchand d'armes yéménite, même si aucune accusation formelle n'a été formulée.
Robert Muggah, directeur de recherche de l'Institut Igarape de Rio, affirme que des bombes à fragmentation fabriquées au Brésil ont été utilisées au Yémen, un pays touché par des sanctions de l'ONU.
"Le Brésil est particulièrement non transparent au moment de rendre compte de la destination de ses armes et de l'usage qui en est fait", dénonce-t-il.
- La crise mise à profit -
Le chercheur cite aussi l'utilisation d'armes brésiliennes pour la répression de manifestations dans d'autres d'autres pays mis en cause pour le non respect des droits de l'homme, comme le Bahrein.
Le gouvernement assure que toutes les ventes d'armes à l'étranger sont contrôlées de façon rigoureuse mais aucune donnée officielle n'est disponible à ce sujet.
Selon M. Muggah, le Brésil est un "acteur de taille moyenne" dans le marché global de l'armement mais "une puissance majeure en ce qui concerne les armes de poing, les armes légères et les munitions, figurant régulièrement parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux".
Le pays est plongé dans la pire récession de son histoire mais la crise a permis indirectement au secteur de l'armement de faire quelques bonnes affaires.

"Il y a trois ou quatre ans, le gaz lacrymogène était encore importé", rappelle Mauricio Lima, représentant du syndicat de fabricants d'armes SIMDE. "Mais ce contexte de crise, avec toutes ces manifestations, a incité les entreprises brésiliennes à développer leurs propres produits et maintenant, nous les exportons vers d'autres pays", conclut-il.
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Brésil : dénouement proche pour la concession du Maracanã

Le Maracana pourrait prochainement basculer sous l'égide du groupe français Lagardère Sports, seul en lice pour en gérer l'exploitation.




Les négociations pour la concession du stade Maracana de Rio de Janeiro se rapprochent d'un dénouement alors que le groupe français Lagardère Sports est seul en lice, malgré des rumeurs d'un nouvel appel d'offres. Plusieurs médias brésiliens annoncent jeudi que Lagardère a déjà signé un accord pour gérer le temple du football brésilien jusqu'en 2048, une information démentie par une source de l'entreprise proche du dossier.

«Les négociations avancent doucement et sûrement mais rien n'a été signé», a affirmé cette source. Le Maracana est actuellement géré par le groupe Maracana SA, contrôlé par le géant du BTP Odebrecht, qui cherche à passer la main depuis des mois, après avoir accusé 173 millions de réais (plus de 50 millions d'euros) de pertes cumulées entre 2013 et fin 2015. Lagardère, qui avait déjà participé au premier appel d'offres pour la concession du stade, en 2013, doit encore négocier les termes du contrat de succession avec Odebrecht et obtenir l'aval de l'État de Rio.

La menace de Flamengo

Mercredi, le journal O'Globo indiquait que le gouverneur de Rio pensait lancer un nouvel appel d'offres, qui rendrait caduques les négociations entre Lagardère et Odebrecht. Lagardère Sports fait face notamment à l'opposition de Flamengo, club le plus populaire du Brésil, qui a déjà annoncé à plusieurs reprises qu'il refuserait de jouer dans le stade s'il était administré par le groupe français, réclamant un modèle de gestion qui donne plus de pouvoirs aux clubs. Le Maracana est resté à l'abandon pendant plus de trois mois, à cause d'un imbroglio politico-juridique qui oppose le concessionnaire actuel au comité organisateur des JO 2016 et n'a reçu qu'une poignée de matches cette année.
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São Paulo/Rio, sœurs ennemies ?

A grand renfort de stéréotypes, les habitants des deux plus grandes villes du Brésil jouent aux comparaisons et assument leurs différences. Décryptage.



Distantes de seulement 430 kilomètres, donc autant dire voisines sur un territoire aussi immense que le Brésil, São Paulo et Rio de Janeiro nourrissent une vieille rivalité qui se retrouve dans tous les domaines.
Je vous résume : d’un côté, Rio, la cidade maravilhosa (ville merveilleuse), destination incontournable des touristes, qui cherche l’équilibre, entre attraits et dangers : plages, caïpirinha et samba, mais aussi favelas et insécurité. De l’autre, “Sampa”, São Paulo, capitale économique du Brésil et terra da garoa  (bruine). Moins de magie certes, et mégalopole tentaculaire, avec bouchons, pollution et autres désagréments à la clé. Pas vraiment de quoi soutenir la comparaison au départ mais SP offre pourtant aussi bien des points forts.

Carioca, ou l’art d’être malandro

Les Brésiliens eux-mêmes usent des stéréotypes pour se décrire et se moquer des traits des habitants des différentes régions du pays, à travers piadas (blagues) et caricatures, où l’on retrouve généralement le gaúcho (du sud), le nordestino, le baiano (de Salvador), le mineiro (du Minas Gerais), et bien sûr cariocas  et paulistanos.
Ici, à São Paulo, pas de doute, le carioca a mauvaise réputation. Facilement identifiable, y compris pour la néophyte que je suis, avec sa prononciation du “s” à la manière portugaise (=“ch”) et du “r” à la française, il est souvent dépeint comme un individu malhonnête, fainéant, cherchant immanquablement à vous arnaquer ou à profiter de la situationC’est ainsi qu’on me le décrit dans les conversations anodines du quotidien. Oui, les clichés ont la vie dure… Exemple de plaisanterie avec un sketch sur les chauffeurs de taxis cariocas (sous-titres en anglais).
Dans la culture populaire, littérature, cinéma ou chanson, le carioca est malandro, malin et a priori mal intentionné, une caractéristique parfois source de fierté pour les individus concernés. En témoigne le personnage de Zé Carioca, un perroquet brésilien inventé par Disney, sympathique mais aussi authentique malandro.

Sur le terrain… et dans l’assiette

Paysage, climat, musique, codes, langage, les différences ne manquent pas : paulistanos et cariocas cherchent à se distinguer, à affirmer une personnalité, un style de vie. Sans surprise, on retrouve ce duel sur les terrains de football. Plusieurs clubs des deux cités s’affrontent en effet chaque année dans le championnat national. Avantage pour l’instant à SP avec le plus grand nombre de titres remportés.
Les habitants de São Paulo éprouveraient-ils une pointe de jalousie face à Rio, qui fut la capitale du Brésil de 1763 à 1960 ?  Ironie du sort, les traditionnels feijão (haricots), aliment de base consommé dans le pays tout entier, ne sont pas les mêmes dans les deux cités : preto (noir) à Rio, ce sont les marrom qui sont plébiscités à SP, plus couramment appelés cariocas
Cet antagonisme s’explique sans doute par une véritable différence de culture, liée à l’histoire, à la géographie et à la population de chacune. Je n’ai pour l’instant qu’une version de la situation mais il est certain que les habitants de Rio ont largement de quoi dire aussi sur leurs camarades paulistanos : arrogants, pressés et stressés !
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Un pays où la science n’est pas misogyne

Une étude comparative sur la place des femmes dans la recherche scientifique révèle de très bons résultats au Brésil. Ces vingt dernières années, le pays a considérablement réduit l’écart entre les hommes et les femmes en la matière. 


Le Brésil est en tête d’affiche mondiale pour la place des femmes dans la science, surpassant à cet égard les États-Unis, le Royaume-Uni et les pays de l’Union européenne”, constate le magazine américain Forbes dans un article consacré à une étude de l’éditeur scientifique Elsevier sur “Le genre dans le paysage de la recherche mondiale”.
Le Brésil émerge en effet en tête de classement de cette étude comparative sur plusieurs critères déterminants pour mesurer la place des femmes dans la science. L’échantillon inclut les États-Unis, le Canada, les membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Australie…
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Corruption au Brésil, les enquêtes

Sur sa une du 12 avril, O Globo fait référence aux derniers rebondissements de la procédure anticorruption sans précédent qui a lieu au Brésil : “Personne n’y échappe.”
Le quotidien de Rio de Janeiro explique qu’après le feu vert du Tribunal fédéral suprême, la plus haute cour de justice du Brésil, Edson Fachin, juge du tribunal chargé de l’affaire de corruption qui secoue le pays depuis des mois, va ouvrir une enquête contre 76 hommes politiques. Au total, précise le journal, 97 personnes feront l’objet d’enquêtes. Sur la liste, on trouve 8 ministres du gouvernement actuel de Michel Temer, 24 sénateurs, 37 députés, et 12 gouverneurs et leurs alliés, poursuit O Globo.
Parmi les personnalités visées figure Blairo Maggi, ministre de l’Agriculture, déjà impliqué dans un autre scandale qui vient de secouer le pays, celui de la viande avariée.
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Brésil : l'inflation au 1er trimestre au plus bas depuis 1994

L'inflation au Brésil a atteint au premier trimestre son plus bas niveau depuis 1994, à 0,96%, ce qui devrait inciter la Banque centrale à réduire encore son taux d'intérêt directeur, selon les chiffres officiels publiés vendredi.




Il y a un an, l'inflation trimestrielle se situait à 2,62%, a rappelé l'Institut de géographie et de statistique du Brésil (IBGE).

Sur le seul mois de mars 2017, les prix ont augmenté de 0,25%, après avoir crû de 0,33% en février et de 0,43% en mars 2016.

Sur 12 mois, la hausse de l'indice brésilien s'établit à 4,57%, légèrement au-dessus de l'objectif de 4,50% (avec une marge de 1,5 point) fixé par le gouvernement.

La pression inflationniste a sensiblement diminué ces derniers mois, dans un contexte de récession prolongée (plus de deux ans) au Brésil, première économie d'Amérique latine.

En 2015, le pays avait ainsi connu une hausse des prix à la consommation de 10,67%, puis de 6,29% en 2016.

La Banque centrale a indiqué la semaine dernière que, grâce à ce recul de l'inflation, elle pourrait accélérer sa baisse des taux d'intérêt, comme le réclament les entreprises et les syndicats pour stimuler l'investissement et la consommation.

L'organisme monétaire a réduit en février son taux directeur pour le quatrième mois consécutif, à 12,25%. Il tiendra sa prochaine réunion la semaine prochaine.

Le marché table pour la fin de l'année sur une inflation à 4,10% et un taux directeur à 8,75%, selon l'enquête réalisée chaque semaine par la Banque centrale auprès d'une centaine de courtiers et analystes.
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Wednesday, April 12, 2017

Melting-pot à la brésilienne

Le Brésil a accueilli des millions d’étrangers venus avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Symbole de cette diversité, São Paulo offre aujourd’hui un visage cosmopolite.



Depuis mon arrivée, je découvre les différents chapitres de cette histoire, que, pour tout avouer, je ne connaissais que très peu. Au fil des lectures, au détour des conversations, au hasard des balades, c’est une étonnante mosaïque de populations qui se dessine.

São Paulo, terre d’accueil

Pour mieux comprendre, je décide de me rendre au Museu da Imigração do estado de São Paulo, qui met à l’honneur cet héritage multiculturel. Installé dans l’ancienne Hospedaria dos Imigrantes dans le quartier Brás, il évoque les premières migrations, celles de la préhistoire, de la colonisation et de l’esclavage. Mais ce sont surtout les grandes vagues de peuplement du 19e et 20e siècles qui sont mises en avant.  Au travers d’objets, d’archives et de témoignages vidéos, le visiteur peut en effet suivre le parcours des nouveaux arrivants, qui ont été accueillis en ces mêmes murs, entre 1887 et 1978.
L’abolition de l’esclavage en 1888 conduit le Brésil à ouvrir ses portes pour attirer une main d’oeuvre bon marché : italiens, espagnols, français, russes, polonais, ukrainiens, japonais affluent. Après avoir débarqué au port de Santos, ils sont dirigés en train vers São Paulo, étape indispensable pour effectuer contrôles médicaux et démarches administratives avant de rejoindre leur destination finale. Dans l’état de São Paulo, ils seront souvent employés au départ dans les fazendas, grandes exploitations de café, avant de tenter leur chance en ville. Suivront syriens et libanais, implantés dans le commerce, et plus récemment, chinois, sud-américains, africains et haïtiens. Au final, la Hospedaria aura reçu plus de 2,5 millions de personnes, représentant plus de 70 nationalités.
Mon tour s’achève avec l’exposition temporaire qui présente de manière émouvante des livres de recettes amenés dans les bagages d’immigrants et soigneusement transmis de génération en génération, chacun étant accompagné de photos et de l’arbre généalogique de la famille.

Brésilien, ou  “descendant de”

Parmi les gens qui m’entourent, ce sont des histoires similaires que l’on me raconte. Toutes plus atypiques les unes que les autres. Un aïeul de nationalité W, qui, au Brésil, s’est marié avec une personne de nationalité X et dont les enfants à leur tour ont épousé des brésiliens d’origine Y ou Z. Sans oublier les ascendances africaines et indiennes. Des possibilités infinies de métissage donc. Et au final, un véritable melting-pot en version brésilienne qui semble bien fonctionner. Une collègue me demandait il y a quelques jours s’il était courant en France d’avoir quatre grands-parents “franco-français”. Je n’ai pas vraiment su comment lui répondre. Selon elle, c’est chose rare chez les Brésiliens. Et beaucoup sont d’ailleurs attachés à leurs racines, et s’identifient comme “descendant de”.
São Paulo s’est construite avec ces apports multiples et ces influences, qui vivent encore dans la diversité de ses quartiers, des noms de famille de ses habitants, dans leur parler ou leurs traditions culinaires. Et qui en font toute sa richesse.
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